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N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV]

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MessageSujet: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mer 20 Avr - 16:05

-Je suppose que tu ne connais guère d’auberge dans laquelle nous pourrions passer la nuit ? Ou du moins poser nos affaires pour être plus à l’aise par la suite ?

- Aha. Commenta sobrement Hei Lan. Les villes, les auberges et moi... Disons que ce n'est pas compatible. Si j'évite les grandes villes, je crois que j'évite encore plus les auberges. Enfin...

La jeune femme eut un bref soupir et regarda autour d'elle avec un vague dégoût.

- Il ne nous reste plus qu'à chercher, je suppose. Un endroit pas excessivement cher, pas trop mal famé...

# Et avec une écurie. # précisa Midi-Minuit, resté silencieux depuis leur entrée en ville.

L"hybride eut un sourire. Un sourire sincère, qui s'effaça vite, comme s'il n'était jamais apparu.

- Et avec une écurie. Je suppose que c'est faisable.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Sam 30 Avr - 20:33

Seiji jeta un bref regard en coin à la jeune femme qui se tenait à ses côtés :

-Tu n’étais pas obligée de m’accompagner ici, tu sais ? Tu n’as pas l’air d’apprécier cet endroit, et même si je ne connais pas excessivement cette ville, je suis tout de même en mesure de me débrouiller.

Surtout si mon accompagnatrice en connait autant (voire même moins) que moi :

-Mais trouver une écurie ne devrait pas être difficile. Le plus compliqué sera d’en dénicher une au prix raisonnable, à la tenue respectable… et non complète.

Déambulant doucement entre les rues pavées de monde, Seiji reprit :

-La raison de ta haine envers les auberges est-elle due aux nombreux prétendants qui t’y font la cour lorsque tu y rentres ?

On aurait pu déceler dans le timbre de sa voix, une légère pointe d’amusement.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Sam 30 Avr - 20:47

-Tu n’étais pas obligée de m’accompagner ici, tu sais ? Tu n’as pas l’air d’apprécier cet endroit, et même si je ne connais pas excessivement cette ville, je suis tout de même en mesure de me débrouiller.

Hei Lan eut un sourire en coin.

- Tu sais, je crois que pour la première fois de ma vie, je préfère faire encore un bout de chemin avec toi plutôt que de rester seule... avec Midmin. Alors autant que je profite de ce merveilleux regain de sociabilité le plus possible, avant qu'il ne disparaisse.

Elle s'étira nonchalamment, jeta un regard acéré à Seiji.

- Et qui a dit que je t'accompagnais parce que je craignais que tu ne saches pas te débrouiller ?

Au vu du vampire, et au vu de son caractère à elle, ce serait vraiment absurde !

-La raison de ta haine envers les auberges est-elle due aux nombreux prétendants qui t’y font la cour lorsque tu y rentres ?

L'hybride tiqua.

- Tu appelles ça "faire la cour" ? "Hé, chérie, ça te dirait de visiter ma chambre ?", moi j'appelle ça un affront. Tu n'as jamais subi ça ? Pourtant, tu dois avoir pas mal de succès.

Hei Lan leva les yeux au ciel, réfléchissant tout haut.

- Ou alors c'est parce que je suis une femme. Ou alors, parce que les personnes qui te font la cour sont exclusivement des femmes. Remarque, j'ai connu des femmes plutôt entreprenantes... et aussi vulgaires que leur binôme masculin. Non, je penche plutôt pour le côté noble et princier.

Elle jeta un regard de biais à Seiji.

- Tu es à la fois mystérieux et distingué. Tu fais partie des gens de la haute, et ça se voit. C'est sans doute ça qui empêche que l'on ne te parle pas correctement. La noblesse, ça a toujours intimidé et incité au respect. Peut-être que si je m'habillais en noble, ça aurait plus d'impact ?

A l'idée de se draper dans des robes de prix et des atours princiers, la jeune femme ne put s'empêcher d'avoir un sourire ironique. Elle, en dame de la haute ? Pas pour tout de suite !

- Alors, dis-moi... Que consistait en "faire la cour", dans ton milieu ? Y avait-il des méthodes particulières ? Des tabous ?

Et, avec un sourire un peu moqueur :

- T'y étais-tu déjà essayé ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Sam 30 Avr - 22:26

Seiji écouta l’hybride le décrire sans l’interrompre.
Alors c’est ainsi qu’on le percevait ?
Mystérieux.
Il est vrai que ce n’était pas si surprenant. Parler peu, se révéler difficilement sur soi avait souvent de quoi intriguer.
Distingué.
Son éducation n’y était certainement pas pour rien.
« Reste droit.
Sois poli.
N’interromps pas les gens.
Ne les blesse pas.
Tu représentes les Astaldo, montres-en toi digne ».

Avec de telles paroles répétées à longueur de temps (et de nombreuses autres encore), rien d’étrange à ce que l’on qualifie le vampire de « Distingué ». Par ailleurs, si cela n’avait pas été le cas, alors l’ancien noble aurait eu de quoi s’inquiéter…

-Il est vrai que se vêtir de la même manière que les dames que j’ai pu côtoyer par le passé te permettrait de paraitre moins abordable. Néanmoins pour cela il te faudrait dans le même temps renoncer à ta liberté de mouvement… et adopter l’attitude hautaine et souvent snob qui nous accompagne.

Marchant encore quelques pas, il reprit :

-En règle général, la séduction dépend de chaque séducteur. Celle que l’on m’a appris étant toutefois (je le suppose, ou du moins je l’espère) plus fine que celle que tu dois subir…

Hésitation :

-Je te prierais donc une fois encore d’oublier la scène que tu as pu voir il y a quelques heures. Selon mon point de vue, une cour ne peut s’effectuer dans de telles précipitations au risque de ne pas durer.

De nouveau il laissa le silence planer, observant d’un air nonchalant les étals qui s’étendaient à l’infini devant lui, jusqu’à ce qu’un air à demi songeur se peigne sur son visage :

-Il m’est arrivé une fois, il y a de longues années, de m’intéresser à une jeune femme. Mais ce n’était qu’une amourette, un amour de jeunesse comme on dit. Si l’on nous avait laissé le temps… je suppose qu’il aurait pu grandir et perdurer, devenir fort peut-être et …

Il s’arrêta un instant, secoua doucement la tête de droite et de gauche comme pour chasser des images déplaisantes, puis reprit :

-Mais on nous a coupé les ailes avant qu’il ne prenne trop d’ampleur. Mon clan me savait sérieux, il savait aussi que, quoiqu’il arrive, je prendrais mes responsabilités et qu’il y aurait de forte chance qu’un mariage se dessine à l’horizon. Cependant c’est quelque chose qu’ils ne pouvaient pas accepter. Contrairement à ce que beaucoup on penser, il n’y avait là aucune histoire d’influence de sang. On disait que si la famille de celle que j’aimais se ravissait de nous voir ensemble, il n’en était certainement pas le cas pour la mienne. La différence de pouvoir entre nos deux clans étaient énorme, à tel point que certains l’appelait « la roturière », quand on me nommair "prince"...

Un air désolé se peignit presque sur le visage du vampire. Il était dur de savoir que la personne aimé avait souffert par sa faute :

-Mais ma famille n’a jamais véritablement prêté attention à la gloire qu’elle pouvait retirer. Les Astaldo ne comptaient toujours que sur leur propre capacité pour gravir les échelons et ils auraient très certainement tolérés ce mariage… si elle n’avait pas été humaine. Ne pas avoir pour compagnon un être aussi immortel que soi offre le gros inconvénient de le voir mourir un jour… Or la mort entraine une grande tristesse, quelque fois le désespoir de celui qui reste, ou même la folie… et c’est ce que nous devons éviter à tout prix. Les émotions fortes sont dangereuses pour nous.

Nouveau secouement de tête :

-Mais je dévie. Toujours est-il que mon clan s’est résigné à faire jouer (pour une fois) de son influence et à aider un mariage arrangé entre une autre grande famille et la demoiselle. Selon eux, tout le monde y gagnait. Sa famille parce qu’ils gagnaient en titre, la mienne parce qu’ils trouvaient un moyen efficace me faire rompre mon contact avec elle.

Aucun mot ne franchit ses lèvres avant un petit moment avant qu’il ne continu :

-Peut-être n’étais-je pas assez amoureux pour la retenir ? Elle non plus pour refuser d’ailleurs ? Ou alors nous étions tous deux trop habitué à écouter et obéir pour les remettre en question ? Je l’ignore. Mais avec le recul, je me rends compte que leur choix était probablement le bon. Mes paroles te paraitront peut-être absurdes, mais je ne veux pas aimer en demi-mesure, et je ne pense pas vouloir survivre à la mort de celle à qui je me dévouerais… Or elle est probablement décédée à l’heure qu’il est, ou d’une extrême vieillesse pour une humaine…

Il jeta alors un bref regard à Hei Lan, comme s’il se rendait tout juste compte de sa présence. Un peu gêné il poursuivit :

-Enfin ce n’est là qu’un extrait de ma vie. Désolé si je me suis égaré.

Parce que mine de rien, elle était bien la première personne à qui il parlait de cette histoire, enfin la première si l’on exceptait son frère…
Et à présent, même s’il n’en montrait rien, il ne pouvait s’empêcher de se sentir un peu idiot en faisant mine de s’intéresser de prêt aux marchandises devant lui.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Dim 1 Mai - 12:20

Hei Lan écouta en silence la tirade de Seiji. Le voir se dévoiler autant - sans l'effet de poison ou de drogue, bien entendu - l'étonnait sans pour autant la déplaire. Cependant, une certaine parole du guerrier retint son attention plus que les autres.
Elle est probablement décédée à l’heure qu’il est, ou d’une extrême vieillesse pour une humaine.
Avant qu'elle ait pu peser la signification de ces mots, une question avait déjà franchi ses lèvres :

- Quel âge as-tu, Seiji ?

Il parlait d'immortalité... Combien d'années avait-il déjà passé sur ces terres ? Quant au reste de ce qu'il lui racontait...

- Alors tu avais le droit de tomber amoureux... mais seulement d'immortelles ? C'est totalement stupide... Si l'amour possède des contraintes avant même de commencer, à quoi ça sert ?

Quand elle était enfant, elle se plongeait souvent dans des romans qu'on pourrait qualifier "à l'eau de rose", plus par curiosité que par plaisir. Elle avait alors, devant les histoires d'amour dépeintes comme un paradis, de brefs instants d'émerveillement... Avant de voir ce que son père faisait subir à sa mère.
A force, elle avait totalement abandonné les livres. Et de la réalité, elle avait tiré une conclusion.

- Pour moi, l'amour ce n'est qu'un mensonge de plus.

# En réalité, intervint Midi-Minuit qui s'était tenu coi jusque là, vu que tu n'avais pas le droit de dépasser la propriété, tu n'as jamais pu expérimenter ce que le commun des mortels appelle l'amour, ce qui fait que tu es devenue frustrée et cynique. Mais je suis sûr qu'au fond de toi, tu as encore gardé tes rêves de petite fille, et... #

# Mais ferme-la, Midmin ! Tu n'en as pas marre, de dire des conneries ? #

# Roooh, allez, c'était juste pour te taquiner. Tout le monde sait très bien qu'en réalité, tu es une rebelle qui considère l'amour comme une chimère, les sentiments comme une contrainte et... #

# ... Pourquoi tu passes d'un extrême à l'autre ? #

Le cheval dressa les oreilles d'un air innocent.

# Parce que j'aime te mettre hors de toi. #

Hei Lan émit un soupir de lassitude. Se tournant vers Seiji, elle lui désigna un bâtiment un peu plus loin sur leur droite.

- De ce que j'en entends, il y a une écurie, là-bas. On va y jeter un coup d'oeil ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Dim 1 Mai - 19:32

-Environ une centaine d’années. Répondit tranquillement le vampire. Cent quatorze ans pour être exact.

Mais dès que la réponse de l’homme fut donnée. Hei Lan enchaina immédiatement sur un débat… ou plutôt une affirmation de ce que devait être l’amour selon elle. Débat que relança Midmin avec amusement et qui, au vu, de la jeune femme agacée, n’était pas forcément pour lui plaire. Etrangement il sentait aussi que cette conversation n’était pas pour lui, qu’il n’avait pas lieu d’y participer et il ne s’y mêla donc pas.
Hochant la tête en emboitant le pas de l’hybride, il reprit :

-Le clan auquel j’appartiens est né sous la contrainte. Il est fier et droit, mais pour exister, pour atteindre la force qu’il a acquis, il doit obéir à des principes… des principes que certains jugeraient dur, mais indispensable pour notre survie.

La magie n’est pas une chose à prendre à la légère, pas chez eux en tout cas.
Arrivant en vue de ladite auberge, l’établissement paru convenable au vampire :

-Je vais nous réserver deux chambres, je vous laisse voir si l’écurie vous convient, puis nous pourrons continuer notre visite improvisée de la ville ?

Une fois l’acquiescement obtenu, il s’engouffra dans le bâtiment en disparaissant de la vue de deux compères.
Obtenir des lits ne fut pas bien compliqué, aussi Seiji eut-il tôt fait de ressortir. Il hésita un instant, voulu se diriger vers l’écurie, puis opta finalement pour laisser la jeune dame un instant tranquille et se tourna vers les étals non loin de là. Il y avait de tout, mais un en particulier attira son œil.
Une fleuriste.
Des végétaux en tout genre encombraient son emplacement, et une étrange odeur (mélange de toutes les saveurs florales) s’épanouissait aux alentours.
Un fin sourire naquit sur ses lèvres quand il s’en approcha.
Le choix était varié, presque un peu trop quand on en connaissait leur signification. Aussi le vampire prit-il son temps pour choisir, prenant de temps en temps les fleurs entre ses mains, les humant, il les reposait ensuite après avoir hésité.
Pendant ses recherches, la jeune femme qui tenait la boutique l’observait, songeuse. La demoiselle qui avait attiré à elle un homme aussi galant, soucieux de faire le bon choix, avait bien de la chance. Et quand enfin il lui tendit sa sélection, alors la fleuriste ressentie un bref moment d'espoir et une grande envie de tenter sa chance avec ce seigneur venu d'ailleurs. Une petite inclinaison de tête et il retourna d’où il venait. Ce n’est qu’en apercevant au loin une Hei Lan qui n’avait pas encore l’air de l’avoir aperçu qu’il accéléra le pas. La fleur dissimulée dans sa manche, un air amusé semblait se peindre sur son visage d’ordinaire si froid :

-Permettez-moi, mademoiselle. Dit-il en reprenant temporairement le vouvoiement.

Montant sa main au niveau de son visage, il sorti comme par enchantement un joli végétal aux multiples pétales blanches et douces.
Il la glissa alors élégamment dans ses cheveux de jais et profita du mouvement pour frôler avec grâce la joue de la jeune femme.
S’inclinant ensuite plus bas que de mesure, témoin d’un respect grandissant, Seiji continua :

-Le bégonia blanc témoigne d’une amitié pure et sincère. Nous nous connaissons certes depuis fort peu de temps, mais je sais et je sens que je peux poser en toi une pleine confiance. De plus… ne désirais-tu pas savoir comment moi et les miens faisions notre cour ?

Redressant la tête, puis le buste, un sourire mi-amusé, mi-enjôleur teinta les lèvres du vampire.
Il aurait pu offrir un autre végétal, plus explicite, plus violent de sentiment. Cependant à quoi bon ? N’avait-elle pas dit qu'elle considérait l’amour comme un mensonge ?
N’aurait-il pas confirmé ses craintes en lui offrant une fleur témoin de sentiments immenses… mais faux.
Non. Il préférait la simplicité… et la vérité.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Lun 2 Mai - 14:48

-Je vais nous réserver deux chambres, je vous laisse voir si l’écurie vous convient, puis nous pourrons continuer notre visite improvisée de la ville ?

Hei lan acquiesça d'un signe de tête, puis s'éloigna d'un pas rapide vers l'écurie, Midi-Minuit sur ses talons. D'un coup d'oeil expert, la jeune femme releva que les bâtiments étaient propres et bien entretenus, bien que vides à cette période de l'année. Aussi laissa-t-elle l'étalon s'y installer sereinement, et se saisit d'une brosse pour commencer à le panser. En silence.

# Tu es toujours fâchée ? Désolé. Tu sais bien que j'aime te taquiner. #

La semi-humaine eut un fin sourire.

# Je ne suis pas fâchée. #

# Tant mieux ! Bon, je dois avouer que laisser Seiji écouter la conversation n'était pas très approprié, mais je comptais sur ton indulgence pour... #

Midmin se tut. Hei Lan avait considérablement ralenti les mouvements de la brosse sur le flanc du cheval. Celui-ci tourna timidement la tête, et poussa un hennissement de poulain devant le regard de la jeune femme.

# Tu as... quoi ? #

# Bah je, je, je pensais que tu t'en étais aperçue... Parce que tu n'as pas pris la peine de dissimuler tes pensées non plus, alors je pensais que ça ne te gênait pas plus que ça... #

L'étrille qu'Hei Lan tenait à la main tomba sur le sol avec un bruit mat.

# Laisse-moi bien comprendre... Il t'a entendu me traiter de cynique, de frustrée et de rebelle, et tu lui as laissé entrevoir une image de moi en petite fille sage lisant des romans d'amour confinée dans sa chambre, c'est bien ça ? #

# ... #

# Va te faire foutre, Midmin ! #

D'un geste brusque, l'hybride fit demi-tour et sortit de l'écurie en trombe. L'étalon, contrit, la suivit.

# Hei Lan, je suis désolé ! Je pensais pas que ça aurait autant d'importance pour toi, enfin j'aurais dû m'en douter vu ton... #

Une petite voix lui souffla juste à temps que ce n'était pas le moment de mentionner le mauvais caractère de la jeune femme.

# Tiens, voilà Seiji, # lança Midi-Minuit dans l'espoir dérisoire de détourner la colère d'Hei Lan sur autre chose.

Seiji se dirigeait vers eux, en effet. Hei Lan se surprit à le trouver un air plus gai qu'à l'ordinaire, et elle jeta au guerrier un regard soupçonneux.

-Permettez-moi, mademoiselle.

Que..?
Avait que la jeune femme ait pu se poser davantage de questions, Seiji, tel un prestidigitateur, avait sorti de sa manche une jolie fleur blanche et la lui avait glissé dans les cheveux.
La colère de la semi-panthère fondit d'un coup. Confondue, elle regarda sans comprendre Seiji s'incliner devant elle.

-Le bégonia blanc témoigne d’une amitié pure et sincère. Nous nous connaissons certes depuis fort peu de temps, mais je sais et je sens que je peux poser en toi une pleine confiance. De plus… ne désirais-tu pas savoir comment moi et les miens faisions notre cour ?

Une amitié pure et sincère...
Hei Lan ne savait trop que dire. Elle leva une main vers là où la fleur était à présent maintenue et effleura du doigt les pétales veloutés.

- Merci...

Midi-Minuit lui souffla doucement dans le cou.

# Tu n'étais pas habituée à ça, pas vrai ? #

Cette fois, l'étalon avait pris bien garde à ce que ses pensées ne soient audibles que pour Hei Lan.
Les yeux gris sombre de la jeune femme se posèrent sur Seiji.

# Non... #

Une amitié pure et sincère.
Hei Lan eut un sourire. Un vrai sourire.

- Bon ! Maintenant qu'on y est, par où veux-tu commencer tes recherches ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Lun 2 Mai - 20:42

La petite parade du vampire eut l’air de faire son petit effet.
Ce n’était pourtant qu’une offre d’amitié, mais la jeune femme ne paraissait pas accoutumée à ce genre de proposition. D’ailleurs le sourire qu’elle lui lança en guise de remerciement eut de quoi le désarçonner un instant.
Le langage de cette fleur n’était pas si extravagant que cela.
Oui, l’hybride avait tout de dissemblable avec ces demoiselles de la cour qu’il avait tant côtoyé :

-Je devrais peut-être t’offrir des fleurs plus souvent. Commença-t-il à la taquiner. J’aurais alors le droit à ce sourire plus souvent.

Mais avant qu’elle n’ait pu répliquer quoique ce soit, il enchaina :

-Nous devrions opter pour les coins marchands… spécialisés dans les armureries ou les forges. Selon les rumeurs, un vampire ayant quelques traits caractéristiques des Astaldo est apparu depuis peu. Il est relativement bon forgerons, et très bon entraineur à l’escrime. Tous ces points concordes pour une piste intéressante. Peut-être pouvons-nous nous y diriger ? As-tu des courses à faire de ton côté ? Commencer par les tiennes serait certainement plus judicieux, à moins que tu ne préfères que nous nous séparions et nous retrouvions à l’auberge ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mar 3 Mai - 12:56

-Je devrais peut-être t’offrir des fleurs plus souvent. J’aurais alors le droit à ce sourire plus souvent.

Sourire ?
Heureusement que Seiji changea rapidement de sujet, sinon Hei lan aurait sûrement rougi sous le compliment ! Hei Lan, rougir... on aurait tout vu. Mais il fallait dire que le charme du guerrier était autrement différent des techniques de drague vaseuses dont elle avait habituellement droit...

-Nous devrions opter pour les coins marchands… spécialisés dans les armureries ou les forges. Selon les rumeurs, un vampire ayant quelques traits caractéristiques des Astaldo est apparu depuis peu. Il est relativement bon forgerons, et très bon entraineur à l’escrime. Tous ces points concordes pour une piste intéressante. Peut-être pouvons-nous nous y diriger ? As-tu des courses à faire de ton côté ? Commencer par les tiennes serait certainement plus judicieux, à moins que tu ne préfères que nous nous séparions et nous retrouvions à l’auberge ?

La jeune femme esquissa un mouvement de dénégation de la tête.

- Je n'ai rien à faire de prévu ici.

Prise d'une soudaine révélation, elle se reprit :

- Ah, mais tu préfères peut-être y aller seul ? Après tout, c'est ta famille, et je ne suis qu'une étrangère de passage. Si c'est le cas, je trouverai bien quelque chose à faire.

# Une étrangère de passage, hum ? Releva Midi-Minuit avec suspiscion. Depuis quand tu te soucies de trucs pareils ? #

Hei Lan posa une regard insondable sur le vampire.

# Depuis que j'ai rencontré quelqu'un qui le mérite. #
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Lun 16 Mai - 22:10

Seiji secoua doucement la tête de droite à gauche :

-Si tu désires m’accompagner, je ne t’en empêcherais pas. Rien ne me prouve que mes informations sont exactes, et de plus tu sais déjà énormément de chose sur mon passé, il ne servirait à rien de te les dissimuler.

Se mettant ainsi en route, le petit groupe voyagea au fil des rues sans vraiment prêter grande attention à ce qui les entourait. Du moins était-ce le cas du vampire, en effet il se concentrait principalement sur les bruits métalliques qui pouvaient exister et résonner auprès d’eux. Bien évidemment ils ne trouvèrent pas immédiatement et durent s’arrêter à plusieurs reprises pour demander leur chemin. Seulement aucun problème ne se dressait à l’horizon et tout à leur questionnement, ils eurent le droit d’entendre les nombreuses louanges lancées sur ce nouveau maitre d’armes des plus doués.
Ainsi, comme Seiji l’avait affirmé précédemment, rien n’indiquait que leur piste était la bonne, cependant plus il approchait et plus il avait l’impression de se trouver sur le bon chemin.
C’est là que le bruit caractéristique des lames s’entrechoquant se fit percevoir au fur et à mesure de leur approche. Puis au bruit s’associa la vue et le quatuor pu parfaitement distinguer un groupe d’individus plus ou moins musclés, plus ou moins expérimentés rangés sur les côtés.
Les côtés ?
Oui. Car au centre de la piste s’entrainaient deux jeunes garçons. Le plus âgé devait avoir treize ans, le plus jeune une dizaine.
Leur léger air de famille les associait certainement comme frères, tandis que non loin d’eux une personne aux cheveux d’ébènes, aux yeux noirs, l’air strict mais sans grande émotion apparente, les fixait avec attention :

-Plus haut ta garde, Ambar ! Écarte tes jambes, Kamat ! On dirait des piquets ! Plus de souplesse vous deux !

Un mince sourire naquit sur les lèvres du vampire. Son oncle ne leur témoignait aucune pitié, mais pour lui (comme pour chaque Astaldo) une épée ne méritait d’être portée à sa ceinture que le jour où l’on pouvait la manier avec autant d’efficacité que d’harmonie. Un katana était un prolongement de soi, pas un simple bâton de fer que l’on agitait en tous sens.
Tranquillement il s’avança près du terrain, il ne chercha pas à se faire remarquer, mais leur arrivée ne passa pas inaperçue. Relevant les yeux, Shiro eut un instant d’hébétude que seul Seiji pu comprendre. Dissimilant lui-même constamment ses émotions, il savait reconnaitre celles de ceux qui faisaient de même :

-Prenez une pause. Ordonna-t-il aux jeunes garçons couverts de sueur.

Ces derniers ne se firent pas prier et se stoppèrent immédiatement, provoquant alors le détournement du regard des guerriers. Qui étaient donc ces gens pour stopper un entrainement en cours sous les ordres du studieux sir Shiro ?
Mais nul n’osa s’interposer quand ce dernier se déplaça vers l’homme et la demoiselle. Il salua d’ailleurs la jeune femme d’un signe de tête poli avant de se tourner vers Seiji :

-Mon oncle. Fit ce dernier en inclinant le buste. C’est une joie autant qu’un honneur que de vous retrouver ici.

-Je te retourne tes paroles, Seiji. Je n’espérais plus te voir, cela fait si longtemps que nous nous sommes séparés.

Ses yeux charbons se posèrent alors sur la jeune femme, puis revinrent croiser ceux de son filleul avec une pointe d’interrogation.
« Qui est-elle pour toi ? »

-Oncle Shiro, je te présente Hei Lan, elle m’accompagne pendant un bref moment sur les routes… et est déjà au courant de beaucoup de choses sur notre passé commun.

Il ne précisa pas les circonstances, cela n’était pas nécessaire, en revanche le présenté s’inclina de nouveau devant elle en marque de bienvenu :

-Approche donc Seiji, tu dois avoir de multiples questions à me soumettre, peut-être même autant que j’en ai à te poser.

L’interpellé hocha la tête et lui emboita le pas.
Ils avaient effectivement tout deux de longues choses à se dire. Fendant ainsi les badauds guerriers pour rejoindre une habitation, le guerrier sourit de nouveau quand une femme aux traits aussi beaux que ceux de son mari surgit devant lui :

-Seiji ! S’exclama-t-elle ravie. Remercions les Dieux d’Endora de nous permettre de te retrouver sain et sauf.

Tendant alors ses mains vers le visage de l’homme aux yeux bleus roi, elle y déposa une bise sonore sur ses deux joues. Il était donc aisé de le deviné, mais Laora n’était pas une Astaldo de sang.
Laissant libre cours à ses émotions extravagantes, elle avait toujours eu le don pour rendre Seiji mal à l’aise et ce, depuis tout temps. Peu habitué aux effusions, il ne savait jamais trop comment y réagir, même à la cour la femme de son oncle avait une certaine tendance à déranger.
En revanche cet océan de fraicheur ne dispensait pas de l’aimer :

-Moi de même Laora, ma tante. Je me réjouis de revoir. Je te présente Hei Lan elle…

-Ton cœur aurait-il enfin trouvé prise ? L’interrompit-elle vivement. Cette demoiselle est fort jolie… et tu as toujours eu bon gout pour cela…

Prise dans son flot de parole, le vampire peinait à l’interrompre :

-…Et si c’est toi qui l’a choisi, alors je ne doute pas que son cœur soit aussi beau que son minois. Tu as toujours été une peluche toute douce Seiji, il te faut donc une épouse aussi douce que toi pour t’aimer.

Peluche ?
Si l’ancien noble aurait du s’offusquer, il se contenta de tiquer intérieurement et de reprendre la parole avec fermeté. Il ne connaissait que trop sa tante pour lui en vouloir :

-Hei Lan ne fait que m’accompagner sur les routes depuis la veille, tante Laora. Elle n’est pas pour moi celle que tu crois.

-Oh…

Interrompant son geste, presque déçu d’une telle nouvelle, la femme à l’âge inconnue ne su quoi ajouter. Toutefois elle avait parlé peluche. Or, quand on parle du loup on en voit la queue. Resté un moment à l’extérieur pour raison de curiosité insatiable. Aerïne décida subitement de suivre son camarade à l’intérieur.
Déboulant comme une folle sur le carrelage, elle fut un instant suivit par quatre pairs d’yeux :

-Et voici Aerïne, ma compagne de voyage depuis que j’ai quitté notre terre natal.

-Une once… Murmura Shiro. Etrangement cela ne me surprend pas.

Il releva la tête et lui adressa un fin sourire :

-Allons, viens ! Assis-toi et raconte moi maintenant.

Obéissant à l’injonction, le jeune filleul prit place et raconta. Il lui décrivit son ermitage temporaire dans les bois afin d’échapper et de se faire oublier des hommes quelques temps, sa rencontre avec Aerïne puis son choix de la faire immortelle, et enfin le long parcours qui l’avait amené à voyager au travers d’Endora pour trouver des pistes valables. Il ne prononça pas le nom de May, une espionne se doit de conserver son anonymat, et le vampire se doutait que c’est ce que souhaiterait la jeune femme. De plus cette information n’était pas des plus indispensables à son oncle, il ne parlait que pour satisfaire sa curiosité.
La petite boule de poil soigneusement enroulée sur ses genoux, Laora tendit subitement ses bras vers elle et la nicha contre elle. Puis son regard contempla longuement la petite panthère, pour se poser sur celui d’Hei Lan. Un autre demi-tour, et elle revint sur l’étrangère :

-Cet étrange. Dit-elle alors. Mais votre aura à une teinte semblable à la petite moustachue que je tiens…


HJ/ Pfiou! Voila! J'ai galéré pour cette rencontre, mais c'est fait ^^" Je devrais répondre plus vite maintenant =)
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mer 18 Mai - 12:35

Ayant reçu la confirmation qu’elle pouvait venir, Hei Lan cala son pas sur celui de Seiji, et, suivis de Midi-Minuit et de la petite once, ils déambulèrent dans les rues de Woodan à la recherche du maître d’armes. C’est au détour d’une avenue qu’Hei Lan commença à les entendre.
Les lames. Deux se taisaient, quoiqu’émettant parfois d’aigues protestations.
Novices.
Une psalmodiait une douce mélopée, envoûtante.
Maître.
La jeune femme eut un demi-sourire. Rien que ce chant confirmait qu’un des membres de la famille Astaldo se trouvait près d’ici. Et en effet, le groupe aperçut bientôt deux jeunes garçons en train de se battre, dominés par un homme imposant aux cheveux noirs.
A sa ceinture, un katana. Celui qu’Hei Lan avait entendu chanter.
Les yeux gris de la semi-humaine se posèrent sur le guerrier, insondables.
Tous les hommes du clan Astaldo étaient-il donc d'aussi bons bretteurs, ou n'y avait-il que Seiji, cet homme et quelques autres à avoir atteint une telle harmonie avec leur lame ?
L’homme aux cheveux de jais remarqua alors le duo… ou plus particulièrement Seiji, ce qui était compréhensible. Aussitôt il s’avança, et les deux guerriers échangèrent les saluts d’usage, avec aussi peu d’émotions que s’ils avaient été en pierre.
Hei Lan leva les yeux au ciel. Bon, c’était l’usage à la cour… Mais quand même !

-Oncle Shiro, je te présente Hei Lan, elle m’accompagne pendant un bref moment sur les routes… et est déjà au courant de beaucoup de choses sur notre passé commun.

Hei Lan inclina la tête vers l’oncle de Seiji, en réponse à ses salutations. Puis l’homme entraîna le groupe vers une habitation, et la jeune femme, après un adieu silencieux à Midmin, qui lui fit comprendre qu’il attendrait dehors, le suivit.
Aussitôt une très belle femme s’exposa à leurs regards et se jeta sur Seiji avec émotion. Hei Lan eut un fin sourire. Nul doute que celle-ci n’était pas de la cour… mais l’hybride préférait amplement cet enthousiasme aux manières froides des guerriers.
Alors qu’elle les entraînait à l’intérieur, celle qui s’avéra être la tante de Seiji le pressa de questions, alors qu’il s’apprêtait à présenter Hei Lan à cette dernière.

-Ton cœur aurait-il enfin trouvé prise ? Cette demoiselle est fort jolie… et tu as toujours eu bon gout pour cela… Et si c’est toi qui l’a choisi, alors je ne doute pas que son cœur soit aussi beau que son minois. Tu as toujours été une peluche toute douce Seiji, il te faut donc une épouse aussi douce que toi pour t’aimer.

Devant cette avalanche de paroles inattendues la semi-humaine resta coite, bien que le terme de peluche pour qualifier Seiji fut assez inapproprié et prêtait à sourire. Cependant, ce qui fit étouffer à Hei Lan un rire sous une quinte de toux fut l’association de « douce » avec sa personne. Pour sûr, si Seiji était vraiment tel que la femme le décrivait, alors Hei Lan n’était définitivement pas pour lui !
Tandis que Seiji s’asseyait et commençait à raconter son histoire, Hei Lan prit place en face de la dénommée Laora et étudia d’un air songeur l’épée à la ceinture de son mari, qui émettait de nouveau sa douce mélopée, comme un animal satisfait, alors que Shiro caressait doucement sa garde du pouce.

-C'est étrange. Mais votre aura à une teinte semblable à la petite moustachue que je tiens…

La jeune femme interrompit sa contemplation pour poser son regard gris sombre sur Laora, légèrement interrogatrice.

- Vous voyez les auras ?

Elle eut une moue de scepticisme.

- La mienne ne doit pas être très douce, si ?

Parce que si c’était le cas, cela signifierait qu’elle-même ne se connaissait pas ! Or, Hei Lan estimait qu’elle en savait assez sur elle pour prétendre se connaître… Avisant qu’elle n’avait pas répondu à la question muette de la tante de Seiji, la semi-humaine lui adressa un bref sourire.

- Vous avez raison. Je suis une hybride, mi-humaine mi-panthère. Vous n’en aviez jamais rencontré ?

Il était vrai que son cas, bien que se transmettant chez elle toutes les deux générations, était plutôt rare. La raison principale ? Les hybrides n’étaient pas très aimés. Pourtant, à y réfléchir, ce n’était pas très différent des loups-garous… qui n’étaient pas très aimés non plus.
Hei Lan reporta son regard sur l’homme aux cheveux noirs. Le chant de sa lame était une mélodie transcendante.

- Votre mari doit être un grand bretteur.

La qualité du chant des lames en disait long sur leur possesseur, et, dans le cas de Seiji comme de son oncle, les chants de leurs katanas était sans nul doute les plus beaux qu'elle ait entendu. Mais d'un autre côté, ils étaient les deux seuls bons guerriers qu'elle avait rencontré...
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mer 18 Mai - 19:46

La jeune femme se balança doucement d’avant en arrière avant de répondre, songeuse :

-Je ne vois pas les auras proprement dites, je les perçois plus. Et pas dans leur totalité. Ce serait comme un parfum qui vous enveloppe, une petite lueur qui s’attache à vous. C’est cela qui m’a charmé chez Shiro. Ajouta-t-elle en souriant.

Le couple échangeant un regard discret mais amoureux, Laora reprit :

-Votre aura a une trace, une petite ressemblance avec la petite panthère. C’est tout ce que je cherchais à dire.

Puis elle lui offrit son plus charmant sourire avant de continuer, toujours ravie :

-C’est donc cela la raison ! Je dois avouer que non. Même à la cour les hybrides restaient rares. Je pense que les hommes peinent à comprendre qu’une transformation en bête sauvage ne rend pas la personne en elle-même, sauvage. C’est assez surprenant d’ailleurs, vous ne trouvez-pas ? La société accepte relativement facilement les vampires, elle les tolère auprès d’eux… Alors qu’en réalité ils sont certainement le plus dangereux prédateur pour l’Homme qui puissent exister. Désolé mon chéri, Seiji aussi. Dit-elle d’un geste de la main.

Acte par lequel les deux hommes répondirent en inclinant la tête. La femme n’avait pas tort dans ses propos, bien au contraire :

-En fait... Poursuivit-elle en voyant que nul ne l’empêchait… Je pense que la raison est toute simple. Les vampires ressemblent aux humains. Pas les hybrides. Et rien n’est plus effrayants que la différence pour certains… pour beaucoup.

La discussion continuant, ce fut Seiji qui répondit :

-Tu as raison...

Mais il fut interrompu en cours de route:

-Tout Astaldo se doit de posséder une maitrise le plus proche possible de la perfection. Parla subitement l’oncle. Il en va de notre honneur, de notre fierté. Mais dites-moi mademoiselle. Si vous êtes capable de repérer ce genre de chose, alors vous devez avoir acquis une certaine connaissance vous aussi. Où vous a-t-elle été enseigné ?

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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Ven 20 Mai - 19:35

Hei Lan écouta avec attention le petit discours de Laora sur les hybrides. Dès les premières phrases, la jeune femme ne put s'empêcher d'esquisser un sourire ironique.

- "Même à la cour" ? Pardonnez-moi, mais je pense que le terme approprié serait plutôt "surtout à la cour" ! Les nobles ne me paraissent pas plus tolérants que le commun des mortels... Enfin, je peux me tromper.

-En fait... Je pense que la raison est toute simple. Les vampires ressemblent aux humains. Pas les hybrides. Et rien n’est plus effrayants que la différence pour certains… pour beaucoup.

Hei Lan s'était tue. En réalité, entre cette dernière réponse et le moment où la jeune femme avait fait allusion à la qualité de bretteur de Shiro, un long temps s'était écoulé. Les yeux dans le vague, elle revivait une époque plus ancienne...

- Hei Lan, ma fleur bien-aimée, ne laisse jamais voir à autre possédant ta pleine confiance ta forme animale. Promet-le moi.
La petite fille porte un étrange regard de ses yeux sombres sur son grand-père.
- Pourquoi ?
Bao soupire. Passant une main dans les cheveux de jais d'Hei Lan, il se décide d'adopter la franchise et le direct de la parole de sa petite-fille, déjà si mature et si consciente de ce qui l'entoure...
- Parce que les gens sont intolérants. Parce que les gens ont peur de qui n'est pas comme eux. Parce que les gens ont l'esprit obtus et portent des oeillères. Ils sont bridés par leur propre stupidité. Je sais que tu feras les bons choix dans les amitiés que tu porteras. Mais méfie-toi du reste.


C'était la première et la dernière fois qu'Hei Lan avait entendu son grand-père parler aussi crûment de leur semblable.
Mais bien avant ce bref discours, le regard de la jeune fille avait été le même qu'aujourd'hui. Il était si étrange qu'un caractère se décide aussi tôt...
Hei Lan reporta ses yeux gris sombre sur l'épée que l'oncle de Seiji portait au côté.

- Votre mari doit être un grand bretteur.

-Tu as raison...

C'était Seiji qui avait répondu. La semi-humaine se tourna vers Shiro lorsque celui-ci lui fournit une explication plus détaillée.

-Tout Astaldo se doit de posséder une maitrise le plus proche possible de la perfection. Il en va de notre honneur, de notre fierté. Mais dites-moi mademoiselle. Si vous êtes capable de repérer ce genre de chose, alors vous devez avoir acquis une certaine connaissance vous aussi. Où vous a-t-elle été enseigné ?

Hei Lan, prise de court par la question, ne put, un bref instant, que secouer la tête.

- Non... Je ne l'ai pas appris. C'est juste que... ça s'entend.

Voyant que si elle voulait être plus claire, il lui fallait donner plus d'explications, la jeune femme continua :

- Je les entends. Les lames. Quand vous touchez la vôtre, elle chante. Celle de Seiji aussi. C'est quelque chose que je perçois depuis longtemps, on ne peut pas être entraîné pour ça.

Croisant le regard de Seiji, l'hybride sourit brièvement.

- Et elles chantent très bien.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Jeu 26 Mai - 18:16

Shiro laissant un instant le silence s’installer entre eux. Il assimilait ces paroles étranges.
Le don d’entendre chanter les lames.
Fascinant, pouvoir apprécier les capacités de son adversaire uniquement à l’oreille devait être bien pratique :

-C’est une compétence à la fois peu commune et utile que vous avez là ma dame. Je suppose que cette capacité est très convoitée, n’est-ce pas risqué pour vous de la dévoiler aussi aisément aux autres ? Votre apprentissage du sabre à dû d'ailleursen être facilité? N’a-t-on jamais essayé de vous utiliser pour cela ?

HJ/ Mon Dieu… il faut trouver un truc pour que ça bouge, je n ‘ai aucune idée, aucune inspiration, c’est horrible TT-TT


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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Dim 29 Mai - 13:13

-C’est une compétence à la fois peu commune et utile que vous avez là ma dame. Je suppose que cette capacité est très convoitée, n’est-ce pas risqué pour vous de la dévoiler aussi aisément aux autres ? Votre apprentissage du sabre à dû d'ailleursen être facilité? N’a-t-on jamais essayé de vous utiliser pour cela ?

- Apprentissage ?

Hei lan haussa les sourcils.

- Justement, non. C'est parce que j'ai cette capacité de deviner les faiblesses d'une lame sans même la voir à l'oeuvre, que j'ai refusé de me servir d'arme blanche. Mes poings, mes pieds et ma connaissance du corps humain me suffisent. Les armes peuvent trahir. Par contre, mon corps, lui, ne le peut pas. Cela reviendrait à me trahir moi-même. Quant à m'utiliser...

La jeune femme eut un rire bref.

- La plupart du temps, ceux à qui je montre mes "capacités" n'ont pas le temps de comprendre de quoi il s'agit. Sans rire, essayer de m'utiliser serait une idée absurde.

L'hybride adressa un sourire en coin à Shiro.

- Mais si vous êtes sceptique, je ne serais pas contre une petite démonstration. Cela permettrait, de plus, de mettre un de vos élèves dans une situation nouvelle, à savoir face à un adversaire qui se bat sans arme apparente. Je vous promets de ne pas le blesser.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Lun 6 Juin - 13:17

Shiro hocha doucement la tête tandis que Seiji conservait son impassibilité :

-Je vois. Vous faites preuve de sagesse, mademoiselle.

Mais la proposition de la panthère avait eu de quoi aiguiser la curiosité de tout à chacun… et les deux guerriers présents dans le pièce ne rêvaient plus que de la voir à l’œuvre :

- Je ne doute pas de vos dires, cependant j’aimerais beaucoup vous voir combattre. Ce n’est pas tout les jours qu’une telle opportunité nous est donnée. De plus cela leur ferait un excellent entrainement. Remarqua-t-il posément. Dans ce cas suivez-moi, je vais vous présenter.

Menant alors l’équipe à l’extérieur, Shiro fit signe de se rassembler aux hommes près de lui… qui eurent tôt fait de passer le message dans une discipline effrayante d’efficacité.
Enfin tous réunis, il prit la parole :

-Aujourd’hui, je souhaite que l’un d’entre vous réalise un nouvel exercice dont chacun devra prendre exemple et garder soigneusement en mémoire. A savoir que l’épée de fait pas tout. Vous rencontrerez dans l’avenir des individus dont les techniques d’attaques ne se basent pas sur les armes. La jeune femme ici présente, Dame Hei Lan, en fait partie.

Un instant il laissa le silence planer entre eux, observa ses élèves et appela :

-Gaël. Viens. Tu seras son adversaire.

Le jeune homme interpellé jaugea un instant l’inconnue du regard, puis s’avança vers elle la main sur la garde.
Il avait confiance en son épée, beaucoup, surtout depuis qu’il suivait ses leçons avec Shiro. Ses progrès avaient été remarquables et il ne croyait guère au désavantage face à un être désarmé... :

-Commencez ! Lança le maitre d’arme.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Jeu 9 Juin - 19:58

Hei Lan eut un léger sourire lorsque Shiro accepta sa proposition, et le suivit docilement à l'extérieur où il désigna un éleve. Celui-là se campa devant la jeune femme, et celle-ci l'étudia sans un mot de ses yeux perçants.
Sûr de lui. Trop. Un femme désarmée ? Facile.
Le sourire de la semi-humaine s'élargit.
En voilà un qu'elle allait adorer faire descendre de son piédestal...
Avisant soudain le bégonia blanc qui trônait toujours dans ses cheveux, Hei Lan se saisit de la fleur fragile et la glissa dans sa ceinture. Puis elle attendit, immobile, les bras le long du corps.

-Commencez !

Le jeune homme qui faisait face à Hei Lan hésita un instant, puis, voyant que son adversaire ne bougeait pas, porta le premier coup.
Enfin, tenta de porter. Car la jeune femme avait évité le coup avec souplesse, et dardait de nouveau son regard gris sur lui, un sourire ironique aux lèvres.
Hei lan se délecta de l'expression frustrée et déconfite qui se peigna sur le visage de l'élève. L'hybride étant en communion avec toutes les lames qu'elle rencontrait, le son qu'elles émettaient avant de frapper suffisait pour qu'Hei Lan puisse savoir où allait se porter leur coup. Leur chant, pour la jeune femme, n'était pas dénué de sens. C'était une parole, une parole précise qui lui indiquait aussitôt la relation qu'elles avaient avec leur possesseur, et la façon dont celui-ci se battait.
Hei Lan anticipait les coups. Tous les coups.
Et son jeune adversaire ne tarda pas à s'en rendre compte.
Commençant à se battre avec application, puis y ajoutant un pur acharnement, Gaël voyait avec une frustration mêlée de fureur la jeune femme se dérober au fil de sa lame à chaque fois de façon aisée, presque nonchalante.
Insupportable.
Alors qu'Hei Lan avait évité un énième coup, le futur guerrier ne put s'empêcher de lui crier, excédé :

"Pourquoi vous contentez-vous d'esquiver ? Frappez !"

L'hybride esquissa un sourire moqueur.

- Si je te frappe, je vais te blesser.

Gaël sursauta, piqué au vif. Les yeux étincelants, les mâchoires crispés, il porta alors à la jeune femme un ultime coup, son plus puissant, destiné à la trancher de part en part.
Et Hei lan bloqua la lame.
Entre son pouce et son index, le fil tranchant à quelques millimètres de sa peau claire, et avec une facilité qui laissa planer un silence stupéfait dans l'assemblée qui regardait.
Puis, doucement, les doigts de l'hybride remontèrent le long de la lame, la faisant émettre une note pure et plaintive tandis que l'arme se mettait à vibrer de façon incontrôlable, tellement fort que son possesseur avait grand mal à la tenir.
D'ailleurs, celui-ci ne pensait plus vraiment à contenir son katana. Subjugué, il ne bougea pas lorsque la jeune femme se rapprocha dangereusement de lui. Puis, sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, Hei lan lui arracha l'arme des mains d'un coup sec du poignet et s'en empara. De l'autre main, elle avait saisi la paume du garçon et lui appliquait maintenant une pression à un point très particulier.
Point de pression. Endroit du corps qui, stimulé, paralysait entièrement la victime. Gaël pouvait à peine respirer. Il porta un regard effaré sur Hei Lan, qui lui retourna un sourire éclatant... et effrayant.

- Une minute, et tu perds connaissance, énuméra-t-elle avec un calme olympien. Deux minutes, et une veine de ton poignet se rompt. Trois minutes... Ma foi, au bout de trois minutes je n'aurai plus besoin de maintenir la pression.

Devant le regard de son adversaire maintenant neutralisé, qui exprimait une horreur silencieuse, la jeune femme se mit à rire.

- Je plaisante !
Je ne maintiendrai jamais la pression aussi longtemps.


Et c'était censé le rassurer ?..
Puis, sans prévenir, Hei Lan relâcha le poignet de Gaël. Celui-ci chancela, mais avant qu'il ait pu esquisser un autre mouvement il se retrouva avec la lame de son propre katana sous la gorge.

- Tu as perdu.

L'élève baissa les yeux.
Oui. Il avait perdu.
La jeune femme fit pivoter l'arme et la lui tendit, pommeau en avant. Elle lui adressa un fin sourire.

- Je te le rends. Je laisse le soin à ton maître de t'expliquer tes erreurs.

Hei Lan lui tourna le dos, prête à s'éloigner.

"Dès le début..."

Gaël avait gardé les yeux baissés. La semi-panthère se retourna, surprise.

- Quoi ?

Le garçon releva les yeux, fixant la jeune femme avec une étrange intensité.

"Vous auriez pu me désarmer n'importe quand, n'est-ce pas ? Même à mon premier coup, pas vrai ?"

Hei Lan haussa les épaules.

- Oui.

Léger sourire.

- Mais à quoi bon ?

Gaël, confondu, n'y trouva rien à répliquer.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Ven 10 Juin - 16:57

Paisible l’un comme l’autre. Seiji et Shiro abordaient un air de famille déstabilisant.
Jaugeant autant du regard les capacités du garçon que de la jeune femme. Ils leur apparu instantanément qu’Hei Lan le dominait totalement.
Cela n’en rendit pas moins le combat appréciable.
De son allure féline, la demoiselle esquivait les vifs coups d’épée qui n’atteignaient jamais leur cible. Mais peut-on capturer un dragon avec une canne à pêche ?
Le clou du spectacle arriva bientôt, et d’aucun ne pu se retenir d’observer plus attentivement encore, la scène qui se déroulait devant eux.
En cent ans de vie, Seiji n’avait tout simplement jamais assisté à ce genre de chose. Arrêter une lame avec les mains, certes, c’était un tour d’une grande difficulté réclamant une force impressionnante. Seulement l’adversaire féminin avait mis fin au combat par ses seuls doigts… et n’utilisait pas le moins du monde sa force.
Effleurant machinalement de la main la garde de son katana, le vampire supposa que le seul moyen de faire face à cette femme était de la contrer par la vitesse. Et encore … cela serait-il suffisant ?
Non, la meilleure attaque résiderait certainement dans un combat au corps à corps :

-Impressionnant. Apprécia Seiji lorsqu’elle s’approcha d’eux. Peux-tu donc faire absolument tout ce que tu désires avec les lames d’autrui ?

Et tandis que le duo reprenait la conversation. Shiro se dirigea vers son jeune élève dépité.
Oui, il lui devait des explications, des raisonnements sur sa façon de combattre.
N’était-il pas élève ?
Ne devait-il pas apprendre ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mar 14 Juin - 11:43

-Impressionnant. Peux-tu donc faire absolument tout ce que tu désires avec les lames d’autrui ?

Hei Lan adressa un léger sourire à Seiji, qui s'était rapproché après le combat.

- J'ai plus de mal avec les lames intimement liées à leur possesseur. Elles sont plus réticentes à se soumettre, et, si le lien qui les rattache avec leur guerrier est particulièrement fort, elles refusent. Dans ce cas-là, je ne peux pas faire grand-chose pour les convaincre.

Le sourire qui faisait illuminer les yeux gris sombre de la jeune femme s'élargit, tandis qu'elle adressait un regard amusé au vampire.

- En d'autres termes, je n'aimerais pas t'avoir comme adversaire.

Léger temps de réflexion. Puis l'hybride rectifia :

- Du moins sous ma forme humaine.

Car en tant que panthère, son don ne lui servait qu'à esquiver les lames, plus à les soumettre. Et elle se retrouvait alors avec une autre arme non moins efficace, et bien plus... tranchante. Les griffes et les crocs d'une bête sauvage, et avec cela la souplesse, la puissance et la force silencieuse des grands fauves. Redoutable.

# Hei Lan ! #

# Quoi ? #

# Je m'ennuie. #

# Tu m'en vois navrée. Mais je ne peux décemment pas disparaître sans un mot d'adieu aux membres de la famille de Seiji. Patiente encore un peu, tu veux ? Trouve-toi un chat philosophe. #

# Déjà cherché. Non, je vais plutôt retourner à l'auberge. A tout à l'heure. #

Hei Lan adressa un sourire vaguement contris à l'étalon qui s'éloignait, puis reporta son attention sur le lieu où elle se trouvait et les personnes avec qui elle était susceptible de converser.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mar 14 Juin - 18:49

Ainsi donc Seiji avait ses chances contre elle ?
Bah, peu importe au final. Il n’avait guère l’intention de l’affronter. Il tourna néanmoins la tête vers l’animal s’éloignant, puis reporta son attention sur Hei Lan :

-Tu ne t’inquiète pas pour lui ? Je veux dire … un cheval de cette qualité se baladant tranquillement en pleine ville. Je trouve cela plutôt risqué, et tentant pour tout ce qui concerne les voleurs de chevaux ou vendeurs peu soucieux de la provenance de leur marchandises…

Sifflant la petite panthère. Celle-ci se rapatria instantanément dans ses pattes.
Lui ne laisserait jamais sa jeune amie se balader seule, du moins tant qu’elle ne serait pas capable de se défendre pleinement sans aide.
On pouvait effectivement dire qu’il y avait différence de gabarit. Mais lorsqu’Aerïne serait grande, sa souplesse et son agilité (de même que sa petite taille, ses crocs et ses griffes) lui permettraient d’échapper bien plus facilement à ses éventuels poursuivants que Midi-minuit. Il possédait certes ses sabots. Mais il existait de nombreux moyens de les contrer…

HJ/ Bref… je ne sais pas quoi faire ^^’
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Dim 26 Juin - 18:56

-Tu ne t’inquiète pas pour lui ? Je veux dire … un cheval de cette qualité se baladant tranquillement en pleine ville. Je trouve cela plutôt risqué, et tentant pour tout ce qui concerne les voleurs de chevaux ou vendeurs peu soucieux de la provenance de leur marchandises…

Hei Lan haussa une épaule.

- Midmin a de quoi se défendre. Et puis, il n'est pas un cheval ordinaire. Bien qu'il ne m'ait pratiquement rien dévoilé sur lui, je suppose qu'en cas de besoin il pourrait faire appel à des moyens surprenants... Enfin, c'est une hypothèse. Après tout, je ne sais pratiquement rien de lui..."

La jeune femme resta un instant songeuse sur ces dernières paroles. Elle respectait le silence de son compagnon, bien sûr, et auparavant d'un naturel peu curieux cela ne l'avait jamais gênée.
Et maintenant, la voilà en train de se demander de quel bois Midi-Minuit était fait, alors que cette interrogation ne lui avait jamais ne serait-ce qu'effleuré l'esprit avant cet instant.
Changeait-elle ? Depuis quand ? Cette dernière question, elle savait y répondre, en vérité. Mais elle-même ne comprenait pas la réponse.

"Hello, la fugueuse..."

Hei Lan se tourna brusquement vers l'origine de la voix. Celui à qui elle appartenait, un jeune homme typé asiatique aux longs cheveux noirs et raides, fit un pas en arrière en tendant les mains devant lui, paumes en avant, avec un sourire.

"Doucement, miss Yeong Heng, je ne suis pas là pour te ramener chez ton père !"

L'hybride observa un instant de silence.

- Fugueuse ?

Un sourire ironique apparut sur son visage farouche.

- Alors c'est ça, la version de mon père ? Une fugue ?

Un air surpris se peignit sur le visage du jeune homme.

"Quoi, ce n'est pas la bonne version ? Il va la servir à chaque famille du comté, insistant sur le fait d'aller le prévenir immédiatement si on te croisait, ou si quelqu'un de notre connaissance t'avait croisée... Moyennant récompense, bien sûr, sa façon de nous le sous-entendre est plutôt explicite. Mais si ce n'est pas une fugue, c'est quoi alors ?"

Hei Lan ne répondit pas. Au lieu de ça, elle planta ses yeux gris sombre dans ceux de son interlocuteur, le visage grave.

- Et toi, Huo... Tu vas lui obéir, à mon père ? Lui dire que tu m'as croisé en plein centre de Woodan ?

Ledit Huo étudia la jeune femme un instant, silencieux. Puis il eut un léger sourire.

"Bon, on ne va pas dire que j'apprécie grandement ton père... Et rien ne m'empêche de t'avoir croisée sans t'avoir vue."

Hei Lan eut un fin sourire d'approbation. Après un signe de tête, le jeune homme s'éloigna alors. La semi-humaine le suivit des yeux, puis eut un sourire amer.

- Un tel déshonneur, que mon père préfère l'idée de la fugue à celle du reniement... Etrangement, cela ne m'étonne pas.

Avisant Seiji à ses côtés, la jeune femme écarta ses réflexions et désigna l'endroit où Shiro et sa femme se tenaient.

- On devrait rejoindre ton oncle et ta tante.

Silence sur le trajet. Hei Lan semblait plongée dans ses pensées. Puis n'y tenant plus, elle releva la tête et s'adressa au vampire.

- Toute ta famille a fui, n'est-ce pas, donc tes parents aussi ? Et, as-tu des frères et soeurs ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mar 28 Juin - 22:42

La discussion prenait un cours tranquille et sans grade surprise quand un inconnu interrompit subitement leur conversation.
Doucement en retrait, Seiji faisait office de décoration tandis qu’il observait le nouvel arrivant. Son allure n’était pas franchement particulière, pas vraiment banal, pas non plus original.
Amical ?
On ne peut guère juger une personne aussi rapidement. Toujours est-il qu’il ne prêta pas l’ombre d’un regard à celui dont il venait de retirer l’interlocutrice. Mauvais point pour ce garçon.
Ah politesse …
Attendant patiemment son tour, le vampire eut toutefois la chance ( ?) d’obtenir son nom et quelques indications sur le lieu et les façons d’être des origines d’Hei Lan.
Hochant la tête en un signe acceptation, Seiji tourna les talons et reprit le chemin les guidant à son oncle.
Il acquiesça :

-Mes parents sont eux aussi entrain de se dissimuler. Notre rébellion a mis à mal nombre de nos relations, et à déranger tout autant de personne qui comptaient nous utiliser comme tremplin pour gagner en pouvoir…Mais ce n’est pas le sujet de ta question. En fait j’ai… j’ai eu deux frères. Reprit-il après un temps d’hésitation. Un plus jeune que moi, qui j’espère, vit encore. L’autre… a disparu il y a de cela une vingtaine d’année. Je n’ai plus guère d’espoir de le revoir un jour.

Un instant de silence s’ensuivit alors, et le guerrier se décida à le rompre :

-Quel genre de vie avais-tu… là-bas ? Chez toi ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Ven 5 Aoû - 22:28

-Quel genre de vie avais-tu… là-bas ? Chez toi ?

Une fois n'est pas coutume, Hei Lan prit le temps de peser ses mots avant de répondre.

- Mon père ne voulait pas avoir de fille, aussi ne me considéra-t-il pas comme telle... comme sa fille, je veux dire. Ma mère et mon grand-père étaient chargés de mon éducation. Pour mon père, j'étais juste la fille qui leur apportait le thé lorsqu'il entraînait mon cousin, recueilli après la mort de ses parents, au combat ; la fille qui partageait leur repas, et qu'il croisait parfois au détour d'un couloir. C'est tout.
Après mes onze ans, ce fut pire. A la découverte de mon don, mon père ne voulut plus entendre parler de moi. Il ne supportait même plus la vision que je lui offrais, surtout après mon... entorse à la tradition. A partir de mes onze ans, ce fut donc mon grand-père qui s'occupa le plus de moi. Il termina mon éducation, s'occupa de me distraire, de me transmettre ses savoirs... ses passions, aussi. C'est de lui que je tiens ma passion des orchidées. Il m'emmenait dans sa serre où nous passions des heures, penchés sur les dizaines de plantes qu'elle contenait et dont il me révélait les secrets. Il m'apprenait leur nom, leurs particularités, leurs préférences... Il m'aida à réaliser ma première bouture, et j'étais là pour me réjouir avec lui lorsque l'une de ses orchidées, issue d'un croisement particulièrement délicat, fleurit pour la première fois. Je chérissais chaque moment que je passais avec lui. Il était... mon modèle, mon idéal, je crois.


Hei Lan se tut un instant, perdue dans ces rares et précieux souvenirs. Puis elle reprit, d'une vois plus sûre :

- Lorsque je n'étais pas avec mon grand-père, je lisais. Je passais beaucoup de temps dans ma chambre, assise en tailleur, une pile de livre à côté de moi et un livre ouvert sur les genoux. Au début, c'était...

La jeune femme hésita. Mais après tout, Midmin en avait déjà assez dévoilé au guerrier sur ce sujet, aussi continua-t-elle avec aplomb.

- Surtout des romans d'amour. En petite fille naïve, je restais des heures plongées dans des romans à l'eau de rose, émerveillée... avant d'avoir sous les yeux la réalité de ce que mon père faisait subir à ma mère. Alors j'ai crié au mensonge, et j'ai rejeté ce genre de livres.

La voix d'Hei Lan s'était teintée d'amertume.

- Par la suite, je me suis intéressée aux recueils historiques, de philosophie... de poésie, aussi. Et puis, quand je le pouvais, je sortais. Mais je n'ai jamais pu aller très loin. Malgré ce qu'il en laissait paraître, mon père me surveillait. Il m'empêchait de dépasser les limites de la propriété, par crainte d'un déshonneur. Maintenant que je vis comme je l'entends, je me demande parfois pourquoi je ne suis pas partie avant. Pour mon grand-père, je crois. Je veux dire, pour rester avec lui. Sa compagnie m'était précieuse, mais lui aurait sûrement soutenu ma décision. M'aurait encouragé à prendre mon indépendance, voler de mes propres ailes... même si je suis une panthère.
J'avais omis un détail : mon grand-père, lui aussi, était hybride. Cette particularité ne se transmettait que toutes les deux générations, aussi ma mère ne l'était pas. C'était aussi pour ça que je l'admirais tant : il était une panthère si grande, si sage ! Immaculée, calme et sereine. Tout mon contraire. Mais ne dit-on pas "les contraires s'attirent" ?
Bref. Pour les moments passés avec mon grand-père, je restais. Pour ma mère aussi, sans doute, mais cette fois, c'était pour sa tranquilité d'esprit et non la mienne. Quant à mon cousin, il m'aimait bien, mais je crois que lui aussi rêvait de partir. Après tout, il a trois ans de plus que moi. Il a dû envier mon départ, sans oser faire de même. A cause de mon père, bien sûr...


Hei Lan se tut, jeta un Seiji un regard de biais.

- Et toi ? Je ne connais pas grand-chose aux manières de la cour. Et maintenant ? Es-tu vraiment libre, ou encore attaché à des responsabilités, des coutumes, des devoirs qui t'empêchent certains gestes, certaines actions ?
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Mar 6 Sep - 15:31

Silencieux, Seiji prêtait l’oreille à l’histoire de la jeune femme. Il ne la pressait pas quand elle hésitait, il ne la recouvrait pas de mille et une questions au cour de son récit.
Il l’écoutait parler.
Simplement :

-Il faudrait des jours et des années pour te conter chaque jour à la cour, t’expliquer un fonctionnement qui n’a de sens que pour elle, développer les moindres détails qui lient les nobles entre eux, les familles, le pouvoir. Comme tout à chacun… je pense que tu as eu quelques ouïe dire. Certaines sont vraies, le reste est probablement issu de rumeurs inventées par ceux qui en ignorent tout mais qui, jaloux, se font un devoir de savoir.
Je ne dirais donc pas que des obligations me tiennent encore pieds et poings liés. Pour dire vrai, je pourrais aujourd’hui jouir totalement d’une liberté et d’une façon d’être différente de celle dont je me pare.
Mais vois-tu, cela fais plus d’un siècle maintenant que je vis ainsi, que je ma conduite est dictée par certaines règles. A la cour comme ailleurs, la débauche y est présente. Et à la cour comme ailleurs, je m’y refuse catégoriquement. Je n’ai pour devoirs officiels que ceux qui me rattachent à mon clan, pourtant mes valeurs sont trop ancrées en moi pour que je les passe outre à présent. Ainsi, même si nul ne m’en fera le reproche dans l’éventualité où je les briserais, pour rester la personne que je suis-je veux continuer à obéir aux principes qui ont et seront toujours les miens.
Toi qui a besoin de tant de liberté ne comprends peut-être pas, car c’est vrai que je m’impose mes propres chaines et que je les serre très souvent à leur apogée. Toutefois je ne me vois guère faire autrement pour m’accepter…


Et voila, toute cette grande tirade pour dire. Je suis théoriquement libre, mais je m’impose mille et une barrières pour des questions de principes.
Laissant la demoiselle mûrir ses paroles, il se plongea dans un silence doux en l’attente de sa réaction.
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV] Sam 10 Sep - 23:57

- Des chaînes... répéta Hei Lan, pensive.

Je ne me vois guère faire autrement pour m’accepter.
Il s'infligeait volontairement des contraintes pour… s’accepter ? Qu’est-ce que cela signifiait ?
La jeune femme jeta un regard de biais à Seiji. Comme d’habitude, son profil était impénétrable. Hei Lan se demandait même si quelqu’un avant elle l’avait vu avec une autre expression.
Avant elle…
Lorsque le guerrier avait été empoisonné, il était devenu un prédateur. Et si c’était ça, la raison de ces actions qu’Hei Lan n’arrivait pas à comprendre ?
Suivant le fil de ses pensées, l’hybride déclara avec son direct habituel :

- Seiji, est-ce que tu regrettes d’être vampire ?

Après tout, ne venait-il pas d’avouer implicitement qu’il avait du mal à s’accepter ?
Continuant sur sa lancée, la jeune femme planta ses yeux gris sombre dans ceux du guerrier.

- C’est pour ça que tu t’imposes ces chaînes ? Parce que tu as peur d’être dangereux ? Peur que quelqu’un découvre que derrière le noble au maintien impeccable se cache l’équivalent de la férocité d’une bête sauvage ?

Hei Lan se tut. Elle avait peut-être été trop loin. Mais ce qui était dit était dit, et jamais encore la semi-humaine n’avait regretté sa franchise. Quoiqu’il fallait un début à tout…
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MessageSujet: Re: N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV]

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N'ayez plus peur de dire "je n'aime pas la ville" [PV]

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